Interviews de dirigeants

BtoB : un nouveau levier de croissance pour le groupe INSEEC

lespine-aaaLe Groupe INSEEC, un des leaders français de l’enseignement supérieur, s’attaque à un nouveau marché : la formation professionnelle. Catherine Lespine, sa PDG, nous dit pourquoi.

 

Formation professionnelle : un levier de croissance important

« Le marché de la formation professionnelle a explosé », commence Catherine Lespine. Selon elle, les acteurs historiques, trop statiques, n’ont pas accompagné le virage digital et le marché s’est peu à peu fragmenté. Un effet encore accentué par la réforme de la formation supérieure de 2014, qui crée une nouvelle règlementation, le CPF, ou Compte Personnel de Formation, remplaçant le DIF (Droit Individuel à la Formation). Le principal changement ? Seules les formations qualifiantes, c’est-à-dire en lien direct avec l’activité de l’employé, sont désormais éligibles au CPF. Pour Catherine Lespine, « cette nouvelle règlementation n’est plus compatible avec les formations « catalogues » dispensées jusque-là. Elle implique de repenser tous les parcours de formation, dans une approche plus structurante et professionnalisante ».

Sur ce marché en pleine mutation, le Groupe INSEEC compte bien se tailler la part du lion. Catherine Lespine a identifié une cible souvent délaissée des organismes traditionnels : les 25-35 ans. « Avec l’accélération digitale de ces dernières années,  même un jeune cadre de 32 ans peut être « has been » ». Selon elle, si les entreprises avaient tendance à se focaliser sur les seniors, aujourd’hui elles n’hésitent plus à investir massivement dans les jeunes salariés. Le but ? Augmenter leur productivité et leur employabilité.

Le BtoB, complément naturel des activités de l’INSEEC

Afin de répondre à ces nouveaux besoins, le Groupe INSEEC a donc développé des parcours de formation certifiants destinés aux jeunes professionnels… Pour ce faire, il peut se baser sur l’excellence pédagogique de ses programmes  allant du post-bac au niveau doctoral, son réseau de professeurs, ses pôles de recherche, son savoir-faire en matière de pédagogie numérique ainsi que sa présence nationale et internationale. Les maîtres-mots de ses formations ? Digital, marketing et management. « Des programmes certifiants en fintech aux certifications Google, en passant par des formations sur le passage au mobile ou sur le SEO, nous avons élaboré de nouveaux programmes opérationnels à partir de ceux, plus théoriques, de nos écoles ». De nouvelles activités BtoB qui sont regroupées sous un nouveau pôle pour l’ensemble du groupe, sous la marque ombrelle IFG sans doute, avec des sous marques. Parmi elles, Luxury Attitude, société de conseil spécialisée dans la dimension humaine du service, fait figure de modèle d’innovation. « En 2015, nous avons lancé la première certification mondiale d’aptitude à travailler dans le luxe avec un concept d’e-movie learning « le luxe c’est vous », un produit entièrement numérique. Nous accompagnons aujourd’hui des groupes comme Melia Hôtels International, Waldorf Astoria ou encore Luxottica ».

BtoB/BtoC : un cercle vertueux

Au-delà des similarités pédagogiques, la porosité BoB/BtoC au sein du Groupe se retrouve dans les partenariats de longue date établis avec le privé : stages, contrats d’alternance, taxes d’apprentissages etc. « Se développer sur le BtoB est un argument décisif auprès de nos étudiants et de leurs parents qui apprécient qu’un Groupe tel que le nôtre soit à ce point investi auprès des entreprises ». A l’inverse, Catherine Lespine nous confie que les étudiants, une fois recrutés, peuvent aussi se faire « ambassadeurs INSEEC » au sein de leur entreprise. « Dernièrement, une étudiante fraîchement diplômée de Bordeaux, lors d’un entretien d’embauche à New York avec le CEO d’une célèbre marque de joaillerie, a fait l’éloge de la certification Luxury Attitude qu’elle a reçue. Quelques temps après, elle a été recrutée et le CEO a pris contact avec nous pour déployer le programme auprès de ses salariés ». Un cercle également vertueux en matière d’innovation. « Le BtoB nous permet de développer des innovations plus facilement, avec moins de levée de boucliers qu’en BtoC, comme par exemple sur le e-movie-learning. Une fois les concepts éprouvés en BtoB, il est plus simple de les appliquer dans nos écoles… »

Le mot de la fin ?

« Grâce à la complémentarité avec nos programmes pédagogiques en formation initiale, nous nous développons sans rougir sur le marché de la formation professionnelle. L’international est notre prochaine priorité, en particulier  le public européen. Pour ce faire, nous misons sur le digital,  avec une offre de produits 100% en ligne, diplômants ou certifiants ou en hybrid learning grâce à la pertinence et l’attractivité de nos campus à Londres, Genève, Shanghai et San Francisco ».