Paroles d'experts

Ce que CroissancePlus attend des fonds d’investissement

Financer la croissance, mais pas que… Le Vice-Président de CroissancePlus, Nicolas d’Hueppe, expose les nouvelles attentes de ses membres vis-à-vis des fonds d’investissement.

Des partenaires devenus essentiels pour se développer

CroissancePlus regroupe les dirigeants d’entreprises françaises en forte croissance. Nombre de ses membres comptent au moins un fonds d’investissement parmi leurs actionnaires. « Nos adhérents ont bien conscience que, pour financer la croissance, il faut ouvrir son capital et y accueillir un fonds ». Et ce, quel que soit leur stade de développement : les levées vont de quelques centaines de milliers d’euros aux 200 millions de dollars de BlaBlaCar.

L’un des critères de recrutement chez CroissancePlus est d’être porteur « d’un vrai projet de croissance ». Pour le mettre en œuvre, les fonds d’investissement apparaissent comme un partenaire essentiel. « Les entreprises en croissance sont confrontées à un environnement mouvant, qui limite leur visibilité. Elles font face à d’immenses défis en matière de territoires et d’adaptation des produits ». Pour financer ces prises de risques, les banques sont « un peu frileuses » estime Nicolas d’Hueppe. « Les banques veulent du solide. Elles prêtent pour acheter une machine – plus difficilement pour développer des API compatibles avec Google pour l’Océanie ». Si les banques ne sont plus prêtes à suivre les entreprises qui vont chercher la croissance au prix d’un risque commercial, de marché ou d’intégration, les fonds d’investissement deviennent un passage obligé pour financer ces options.

« Tous les secteurs font appel aux fonds d’investissement » précise Nicolas d’Hueppe. Il cite en exemple O2, le leader des services à la personne, les crèches Babilou, l’entreprise de technologie Devoteam et l’Atelier des Chefs.

« Les meilleurs fonds sont plus que des sourceurs d’euros »

Quelles sont les attentes des dirigeants quand ils décident de se faire accompagner par un fonds d’investissement ? L’appui financier, bien sûr, mais pas seulement. « Les best practices que l’on observe aux Etats-Unis et en Israël montrent que les fonds sont plus que des sourceurs d’euros ». Parmi elles, le réseau apporté par le fonds d’investissement. « Un fonds d’investissement est un accélérateur relationnel : il permet au dirigeant d’être bien connecté avec des personnes de haut niveau pour accélérer le développement de son entreprise ». Cabinets de conseil, chasseurs de têtes et avocats font également partie de ce networking stratégique.

Deuxième apport non financier évoqué par Nicolas d’Hueppe : la contribution à la vision stratégique de l’entreprise. « Au quotidien, le dirigeant est beaucoup dans la tactique – parfois moins dans la stratégie. Les fonds d’investissement aident les équipes de management à prendre du recul ».

Enfin, les dirigeants comptent sur les fonds d’investissement pour les informer des opportunités de marché et de croissance de leur secteur. « L’accès à l’information est crucial pour racheter la bonne entreprise ou dénicher de nouveaux business ».

La question du timing

L’association entre un fonds d’investissement et un dirigeant n’est pas un long fleuve tranquille. Pour Nicolas d’Hueppe, le principal écueil susceptible de troubler cette relation est la temporalité. « Le temps du fonds et de sa sortie n’est pas toujours celui du business » indique-t-il. « Dans le digital, nous dépendons de grosses locomotives comme Google, Apple et Facebook. Nous devons attendre leurs décisions stratégiques, car elles sont extrêmement structurantes ». Aux fonds et aux dirigeants de « se réconcilier autour du vecteur temps ».