Interviews de dirigeants

Media & Acquisitions : l’ascension d’Infopro Digital

L’Usine Nouvelle, LSA, Red On Line, Le Moniteur : à la tête d’Infopro Digital, Christophe Czajka a, en moins de 15 ans, conduit une trentaine d’acquisitions.

« Il faut avoir un vrai projet entrepreneurial »

Quand on l’interroge sur les secrets d’une acquisition bien menée, Christophe considère que « pour réussir son build-up, il faut avoir un vrai projet entrepreneurial. Une acquisition n’est pas un deal financier » affirme-t-il. En effet, pour cet entrepreneur dans l’âme, fondateur du Groupe Infopro Digital, une acquisition est similaire à une création de société. S’il veut réussir son opération, l’acheteur doit se poser la question suivante : « qu’est-ce que je souhaite faire d’un point de vue entrepreneurial ? » Il doit donc avoir une implication opérationnelle directe pour définir les grandes lignes du futur de la société et de ses produits. « En matière de build-up, mieux vaut être un bon entrepreneur qu’un excellent financier. Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, les acquisitions sont bien plus qu’une affaire de chiffres ».

Selon Christophe, ce projet entrepreneurial se décline autour de trois grands types d’acquisitions aux objectifs bien spécifiques : acquérir des actifs dans un des six secteurs du Groupe, appliquer les savoir-faire internes (digitalisation) et investir dans des entreprises innovantes à fort potentiel. « De start-ups prometteuses comme Red On Line à des sociétés plus grosses que nous comme Le Moniteur, nous avons toujours été confrontés, chez Infopro Digital, à la même problématique : définir le projet entrepreneurial associée à chaque type d’acquisition » résume-t-il.

Intégrer la transformation culturelle dans le rachat d’une entreprise

Pour Christophe, il est primordial d’intégrer la transformation culturelle dans son projet de rachat. « La culture d’entreprise, cela peut être mille choses à la fois. La négliger revient à négliger l’identité de toute l’entreprise. » Il faut donc prendre son temps pour analyser la société, et intégrer sa culture dans son plan de développement.

Cette transformation culturelle prend d’ailleurs du temps, souvent jusqu’à plusieurs années, pour se mettre vraiment en place. « Il est donc important d’impliquer, dès le départ, l’ensemble du personnel dans l’aventure. Les collaborateurs ne doivent pas se sentir « rachetés », mais bel et bien parties prenantes d’une nouvelle page de leur histoire » continue Christophe.

« Le pire, c’est le flou ».

« Le pire, c’est le flou ». Par cette formule, Christophe entend qu’il faut prendre des décisions managériales claires, et les prendre vite. « Très tôt doit se poser la question de « comment comptez-vous gérer votre activité ? » Il convient de définir un plan opérationnel rapide et efficace, afin que chacun puisse savoir où il est, et ce qu’il a à faire. Et c’est à l’acquéreur d’être ferme et transparent sur ce point ».

Mettre son ego de côté

Il est de notoriété publique que deux tiers des acquisitions sont un échec. L’égo est donc à proscrire car même bien préparée, une acquisition peut échouer. Pour Christophe, c’est là que le travail d’équipe est primordial : « il faut savoir écouter ses collaborateurs si ils émettent des réserves ! Et surtout, ne pas s’entêter si l’on sent que l’on va dans le mauvais sens ».