Interviews de dirigeants

"Nous devons être présents dans les capitales, car ce sont elles, plus que les pays, qui déterminent le choix des étudiants"

montageAfin de nous exposer le développement international du Groupe INSEEC, la CEO Catherine Lespine s’est entourée d’Olivier Guillet, le Directeur International Groupe. Pour ce spécialiste de l’enseignement qui regroupe plus de 15 000 élèves sur ses campus en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, l’enjeu de l’international est double : recruter de nouveaux étudiants à l’étranger et augmenter son attractivité.

Catherine Lespine rappelle les trois étapes qui ont structuré l’internationalisation du Groupe INSEEC : « La première phase a commencé il y a une vingtaine d’années, avec le souci d’internationaliser les cursus des élèves grâce à des partenariats académiques à l’étranger. Beaucoup d’écoles ont alors offert à leurs étudiants la possibilité de passer un semestre ou une année à l’étranger, voire d’obtenir un double diplôme. L’étape numéro deux est liée à l’arrivée d’élèves étrangers désireux d’étudier en France : pour les accueillir, nous avons mis en place de nombreux cours en anglais, ce qui a renforcé l’internationalisation de nos programmes. Enfin, aujourd’hui, l’international est devenu une nécessité académique pour tous les étudiants, que ce soit en effectuant un semestre à l’étranger, une Summer Session (UCLA, Berkeley…), ou des cursus de double/ triple diplômes ».

Le Groupe INSEEC a structuré sa présence à l’international autour de trois axes : l’acquisition d’écoles, l’ouverture de campus dans de grandes villes à l’étranger et des actions de notoriété. Catherine Lespine donne l’exemple de l’Université de Monaco, dont le Groupe INSEEC a fait l’acquisition en 2010 et qui « complétait les nationalités présentes dans nos écoles grâce à ses étudiants russes, canadiens, américains et moyen-orientaux ». Elle liste tranquillement les villes où le Groupe INSEEC a ouvert des campus, parmi lesquelles Genève, Londres, Shanghai et bientôt San Francisco et Séoul. « A partir de ces campus, nous nous rapprochons des écosystèmes stratégiques pour nos étudiants, notamment des entreprises et des incubateurs locaux » indique-t-elle.

Le choix des villes où s’implanter est stratégique : « Nous devons être présents dans les capitales, car ce sont elles, plus que les pays, qui déterminent le choix des étudiants » confie la dirigeante, prenant l’exemple de Paris, dont l’attractivité est un avantage concurrentiel majeur pour le Groupe INSEEC.

Pour convaincre les étudiants étrangers, le Directeur International Groupe, Olivier Guillet, va à leur rencontre en participant à des conférences et des salons dans le monde entier. Il explique sa démarche : « Nous avons choisi d’être présents directement, pour transmettre nous-mêmes la passion de nos écoles. En 2014, nous avons mené 90 actions dans une vingtaine de pays clés en Europe, en Amérique, en Afrique, au Moyen Orient, en Asie, en Océanie. ». Deux exceptions : la Chine et l’Inde, où le Groupe INSEEC s’appuie sur des représentants commerciaux. « Les étudiants étrangers recherchent le plus souvent des formations associées à l’image de la France. Nous avons donc développé des domaines d’expertise typiquement français, comme le vin et le luxe : Vin à Bordeaux, Mode à Paris, Luxe à Monaco, Tourisme à Chambéry, Digital à Londres… » poursuit Olivier Guillet. Catherine Lespine renchérit en présentant un environnement rendu très concurrentiel par la mobilité accrue des nouvelles générations : « Il y a un siècle, l’éducation se faisait à l’échelle du département, puis avec ERASMUS et le phénomène « Auberge Espagnole », elle est devenue européenne… et elle est maintenant mondiale ! ».

A chaque capitale ses étudiants, et la CEO connait les aspirations de chacun : « A Monaco, on retrouve des étudiants conscients de l’importance du réseau à l’international – c’est une ville formidable pour se faire un réseau professionnel. Le rêve américain continue de séduire les jeunes, dans ses nouvelles versions que sont IBM, Google ou Facebook. La Chine fait aussi de plus en plus partie des stratégies professionnelles des étudiants, qui y passent un an pour comprendre le fonctionnement de cette puissance économique mondiale ».